Rodolphe entouré des stagiaires unifi

Rodolphe entouré des stagiaires unifi

Un article de Christophe Magnette pour le TOUT LYON

C’est fait ! L’Université de la Finance ouvrira ses portes le 5 septembre prochain.
L’UNIFI entend ouvrir les portes au métier de conseiller financier à des personnes non diplômées issues de zones défavorisées mais portées par un dénominateur commun : l’envie de s’en sortir ! Un projet inédit qui délivrera au terme de son module de formation, le certificat d’aptitude professionnel NIVEAU II, approuvé par le ministère de l’économie. Une initiative portée à bout de bras par Rodolphe Pedro, fondateur de CFCI.

La genèse du projet « 10 000 emplois dans les banlieues » repose évidemment sur un constat peu brillant : la difficulté pour les personnes d’origine modeste à s’implanter dans le monde professionnel et plus édifiant encore, l’absence quasi totale des minorités dans les métiers de la finance. « Notre idée s’avère assez simple : démocratiser ce secteur d’activité en proposant d’ouvrir ses portes à des personnes non diplômées mais motivées, issues des zones rurales et urbaines défavorisées » précise Rodolphe Pedro. Le dispositif de formation Unifi est une association loi 1901, immatriculée à Vaulx-en-Velin. Singulière même dans la forme, cette université « newlook » se veut « hors les murs », mobile, et se déplacera là où les collectivités, lycées, ANPE, associations ou organismes l’appellerons.
Quid du financement ? Rodolphe Pedro : « Nous comptons sur le soutien de l’Etat et des collectivités locales ou l’AFPA pour mettre à disposition du centre des locaux et du matériel, qui constitueront l’essentiel des dépenses d’investissement dans un premier temps. L’essentiel du budget de fonctionnement du centre sera constitué de la rémunération des formateurs et d’un permanent assurant la gestion courante. Sur la base des pratiques communes dans la branche professionnelle et de l’expérience de CFCI & Associés, nous estimons que le coût de la formation par stagiaire sera de 10 000 €.

Une formation de six mois, à la fois théorique et pratique

Reste l’essentiel, le contenu pédagogique. L’Université de la Finance va distiller une formation de six mois, à la fois théorique et « terrain » permettant d’obtenir le statut d’Intermédiaire en Assurance et celui de Démarcheur Bancaire et Financier. Ce contrat de professionnalisation donnant de facto accès à un Certificat d’Aptitude Professionnelle. Dans un premier temps, par groupe de 10 étudiants, les stagiaires participeront à un module de 150 heures minimum prévu par le Code des Assurances et dispensé par des formateurs diplômés et expérimentés issus du milieu de la finance. Après une première expérience sur le terrain, les stagiaires participeront à une formation sur le courtage en prêts immobiliers. Enfin, les stagiaires retourneront sur le terrain avec des objectifs précis. « Rien ne remplace la pratique, assure Rodolphe Pedro, d’autant plus que la constitution d’un portefeuille client s’avère essentielle dans ce métier. Surtout, leur CV une fois enrichi par leur expérience de terrain, et revu par nos formateurs, ils auront accès à une passerelle vers les circuits de distribution des banques, des compagnies d’assurances, des courtiers en prêts immobiliers et des conseillers indépendants. A noter qu’une partie des commissions générées durant les formations par les stagiaires seront réinjectées afin de financer celles à venir. Bref, ceux qui pensaient que voir des jeunes provenant des quartiers « difficiles » vendre des produits d’épargne relevait d’une chimère doivent se réveiller ! ! »

Les besoins ? 50 000 personnes à l’échelon national !

Sous trois ans, l’objectif est de former 10 000 professionnels. Mieux même, Rodolphe Pedro réfléchit à la possible de garantir les placements de ces stagiaires en invitant les acteurs dominants du secteur à venir en fin de formation afin de « puiser » dans ce vivier bigarré. Déjà, quelques unes parmi les plus grandes compagnies d’assurances, mais aussi des banques et des CGP semblent enclins à jouer le jeu. Il faut dire que les besoins sont incroyablement élevés dans l’Hexagone « il nous faut trouver 50 000 personnes » précise Rodolphe Pedro. La raison de cette pénurie ? « Le manque d’investissement en termes de formation ». Alors tout le monde s’y met : l’Etat y compris. Pour l’heure régionale, l’UNIFI aspire à prendre très vite une dimension nationale. Et si au-delà de vendre des produits d’épargne, on vendait un peu de rêve dans les quartiers …

http://www.10000emplois.wordpress.com

Christophe Magnette

Publicités