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Le Parisien publie aujourd’hui un portrait de Rodolphe.

Ce millionnaire âgé de 37 ans réside à Genève (Suisse), met ses enfants à la même école que « l’ambassadeur du coin », dort dans une suite de l’hôtel Saint-James, à deux pas de la place de la Concorde, lorsqu’il « monte » à Paris. Mais Rodolphe Pedro, patron, depuis douze ans, de ce qui est devenu la première compagnie financière française indépendante, une société de gestion de patrimoine qui veille sur les deniers 1 milliard d’euros ! de plus de 4 000 particuliers et d’une centaine d’entreprises, n’a pas oublié d’où il vient : « les quartiers », ceux de Savigny-le-Temple (Seine-et-Marne) et de la banlieue lyonnaise.

Parmi sa centaine de collaborateurs « black-blanc-beur », plus de la moitié sont des « gamins » des cités qu’il a lui-même formés.

« Les mômes seront fiers et leurs mères heureuses !»

Cette politique d’embauche qui mise sur la diversité lui vaut de recevoir un prix « coup de coeur » ce soir lors de la Nuit des trophées à l’Opéra de Rouen (Seine-Maritime). Un événement orchestré par l’association Débarquement Jeunes qui récompense, sous le parrainage du rappeur McSolaar et en présence de Fadela Amara, secrétaire d’Etat à la Ville, les « initiatives originales » sur les dalles hexagonales. Le self-made-man, qui a abandonné l’école à 16 ans, ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Il va créer la première « université de la finance » à Montfermeil et Clichy-sous-Bois. Un vrai symbole : ces deux communes de Seine-Saint-Denis ont été le théâtre des premiers jours d’émeutes de l’automne 2005.
Son projet ? Former, en six mois, entre « 50 et 100 jeunes » (sans diplôme mais avec de la tchatche) des cités des Bosquets et du Chêne-Pointu au métier de démarcheur financier. Les stagiaires porteront ensuite le costume de conseiller patrimonial, chargé de vendre des produits d’épargne populaire « à des gens qui leur ressemblent ». Autrement dit, faire fructifier un bas de laine qui s’échappe, entre autres, « au bled ». « Quand les mômes rentreront dans leur HLM avec la cravate, ils seront fiers et leurs mères seront heureuses ! », sourit Rodolphe Pedro, à la fois « boss » et « grand frère ».

« Moi, je regarde le bonhomme, pas le CV »

Pour concrétiser son idée, il avait d’abord sollicité l’année dernière Laurent Wauquiez, secrétaire d’Etat à l’Emploi, et Bernard Laporte, alors en charge de la Jeunesse. « Ils m’ont juste fait des promesses. Comme les pouvoirs publics traînaient la patte, je suis allé voir les fonds privés », explique-t-il. C’est vers l’Institut Montaigne, un cercle de réflexion piloté par Claude Bébéar, président d’honneur d’Axa et chantre de la diversité, qu’il s’est tourné. Bingo ! « On peut espérer une ouverture en octobre-novembre », pense Daniel Laurent, directeur des études de l’Institut Montaigne. Le Cnam (Conservatoire national des arts et métiers), mais aussi les missions locales de Clichy et de Montfermeil ont également été associés au projet.
Le profil des candidats ? « Des jeunes prêts à se lever tôt, qui ont de l’ambition et de l’envie, qu’importent leur adresse et leur accent. Moi, je regarde le bonhomme, pas le CV. Mais attention, je n’ai pas de vaccin contre la fainéantise », prévient-il. « L’université de la finance », d’abord lancée dans le « 9-3 », est une « école nomade », amenée à s’installer dans d’autres cités de France. « On peut s’installer partout où il y a un bout de bureau », estime Rodolphe Pedro.

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